• MARIONNETTE

    Elle gît, seule, dans sa boîte,

    Repliée sur elle-même, endormie,

    Personne ne s’occupe d’elle,

    On l’ignore, elle est isolée !

    A la découvrir ainsi,

    On la croirait morte,

    Mais son cœur bat,

    Doucement, lentement,

    Au ralenti, sans énergie,

    Comme si elle était en hibernation !

    Elle attend bien sagement,

    Qu’on daigne venir la chercher,

    Mais pour l’instant,

    Personne n’a besoin d’elle !

    Mais son jour de gloire arrive,

    Car, pendant qu’elle dort,

    Des gens, pour elle, s’agitent,

    A lui préparer son réveil !

    Viendra alors le grand moment,

    Où, enfin, elle va renaître un peu !

    Avec précaution, son maître conducteur,

    Ouvre sa boîte, la prend dans ses bras !

    Elle se réchauffe le corps et l’esprit,

    Et dans sa tête, se prépare à la vie !

    La voilà sur pied, un peu chancelante,

    Mais çà ne va pas durer,

    Car on va bientôt l’acclamer,

    On va bientôt l’applaudir !

    On lui fait faire quelques mouvements,

    Pour la dégourdir, la secouer un peu,

    Car son sommeil est terminé,

    Jusqu’à la prochaine tournée !

    D’un coup, la voici qui s’anime,

    Elle bat des jambes, des bras,

    Tourne la tête, détend son corps,

    Ah, çà fait du bien de se sentir vivant !

    Ses yeux de verre brillent,

    Enfin, elle va pouvoir s’animer,

    Chanter, danser, virevolter,

    Mais sans chuter, sinon, elle va se faire mal !

    La scène est allumée,… que de monde,

    Les spectateurs sont avides,

    De voir de quoi elle est capable,

    Et aussi ils veulent qu’elle les fasse rire !

    Elle est là, elle arrive, salue,

    Et dans un grand élan,

    Joue son rôle à la perfection,

    Oui, jusqu’à la fin, elle va tenir !

    Le public est ravi, il la rappelle,

    En demande et redemande encore !

    Le spectacle pourtant se termine,

    Elle n’a pas dit un mot,

    Mais ses gestes et attitudes,

    Et ont dit plus qu’il n’en faut !

    Les lumières de la salle s’éteignent,

    Le rideau théâtral est tombé,

    Les enfants retournent chez eux,

    Ravis, des rêves pleins la tête !

    Mais, là-bas, dans sa grande boîte,

    Elle repart s’endormir de nouveau !

    Elle a envie de pleurer, de s’épancher,

    Pour l’amour qu’on lui a donné !

    Sa vie n’a tenu qu’à des fils,

    Que l’humain actionne de ses mains,

    Mais il ne sait rien, non, rien,

    De ce qui se passe sans la tête,

    Et de ce que ressent le cœur,

    De sa belle marionnette !

    C’était son dernier spectacle,

    C’était sa dernière sortie,

    Son corps de porcelaine est usé,

    Ses membres, par l’âge, sont fatigués,

    Ses yeux lumineux ont perdu leur éclat,

    Et dans son lit de fortune, elle repose,

    Sa vie s’est terminée en beauté,

    Mais elle ne se réveillera plus jamais !

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